Vers une mise sous tutelle internationale du Liban ?


Le président français Emmanuel Macron a évoqué la mise en place d’un système « sous contrainte internationale » garantissant le maintien des services publics du Liban qui s’effondrent à mesure que la crise économique et la politique se poursuit.

Nous travaillons techniquement avec plusieurs partenaires de la communauté internationale pour qu’à un moment donné, (…) si l’absence de gouvernement persistait dans l’irresponsabilité, on puisse assurer un système de financement sous contrainte internationale afin de garantir le maintien des activités essentiels en soutien au peuple libanais

Emmanuel Macron

Président français

Lors d’une conférence de presse à Paris avant les sommets du G7 et de l’Otan, la France, par la voix de son chef de l’État, est passé jeudi 10 juin “à la vitesse supérieure en brandissant la menace d’une forme de mise sous tutelle internationale du Liban, si le blocage gouvernemental persistait alors que les services publics s’effondrent l’un après l’autre”, écrit le journal libanais francophone L’Orient-Le Jour.

Il y a quelques semaines, la France avait manqué des menaces de sanctions à l’égard des responsables du blocage de la politique à exécuter en annonçant une interdiction d’accès à son territoire à certaines personnalités libanaises. Mais cela n’a, semble-t-il, pas suffi et le Liban continue de s’enfoncer dans une spirale sans fin.

Queues interminables dans les stations-service, pénurie de médicaments et de matériel hospitalier, rationnement drastique de l’électricité, coupures de l’Internet… Ces dernières semaines, « le spectacle sans précédent de l’humiliation des Libanais a explosé », Constat le quotidien de Beyrouth An-Nahar.

Depuis plus de deux ans, le Liban et ses habitants vivent la plus grave crise économique de son histoire moderne. Selon la Banque mondiale, il s’agit “probablement de l’une des dix, voire de l’une des trois pires crises que le monde a connue depuis le milieu du XIXèmee siècle”. ONU « massacre de masse historique et délibéré », titre même le site libanais Al-Modon.

« Les gens ont voté pour des pourritures, voilà le résultat »

En plus de la crise économique, le Liban est sans gouvernement depuis dix mois, notamment en raison de divergences profondes entre le président Michel Aoun et son dauphin et genre Gebran Bassil, d’un côté, et le ministre désigné pour l’ancien, Saad Hariri, de l’autre.

« Au Liban, les personnes au pouvoir sont très douées pour exprimer leur compassion envers les Libanais qui ne réclament que leurs droits les plus évidents et naturels en rejetant la faute dans toutes les directions possibles », écrit une éditorialiste politique dans les colonnes d’An-Nahar.

Un électricien faisant la queue dans une station-service, cité par L’Orient-Le Jour, renchérit :

Le paye a ce qu’il mérite. Les gens ont voté pour des pourritures, voilà le résultat.

Dans une « dernière lettre » publié lundi 7 juin, avant une coupure totale du courant et d’Internet qu’il prédit dans les jours suivants, le journaliste Rami Al-Amin décrit pour le site Daraj la situation qui prévaut au Liban, « une toute petite entité géographique qui ressemble à une île ».

Nous vivrons bientôt comme dans un pays sinistré après une frappe atomique.



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