Huit ans de conflit en Ukraine

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L’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie le 24 février a placé ce petit pays d’Europe de l’Est au centre des préoccupations internationales. FRANCE 24 retrace la chronologie du conflit entre Moscou et Kiev jusqu’aux manifestations de Maïdan dans la capitale ukrainienne fin 2013.

Après des années de conflit larvé entre la Russie et l’Ukraine et l’escalade des tensions ces derniers mois, le président russe Vladimir Poutine a lancé jeudi une invasion. Les forces russes visent à capturer les principales villes ukrainiennes, dont la capitale, Kiev, tandis que l’Occident a imposé des sanctions économiques à la Russie et que des pourparlers directs entre Moscou et Kiev ont commencé.

FRANCE 24 retrace la crise à ses racines : novembre 2013, lors du mouvement de protestation du Maïdan en Ukraine, qui a conduit à la destitution de l’ancien président pro-russe Viktor Ianoukovitch et au début du conflit d’aujourd’hui.

2013 : les manifestations du Maïdan et la rupture avec la Russie

21 novembre : Après le long rapprochement de l’Ukraine avec l’Union européenne sous le président Viktor Iouchtchenko (2005-2010) qui a commencé après la révolution orange du pays en 2004, le successeur de Iouchtchenko, Ianoukovitch, décide de se détourner de l’Europe. Il renonce à un accord d’association proposé par l’UE, qui a refusé de lui accorder un prêt de 20 milliards d’euros. L’Ukraine est divisée entre ce projet d’intégration économique européenne et une proposition russe concurrente d’union douanière. Des manifestations éclatent dans le pays.

1er décembre: A Kiev, des manifestations ont lieu sur la place de l’Indépendance, ou « Maidan », qui donnera son nom au mouvement. Des pro-européens comme l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko (alors en détention) et l’actuel maire de Kiev Vitali Klitschko, ainsi que des nationalistes du parti d’extrême droite Svoboda, font partie de l’opposition. Les manifestants construisent des barricades sur la place de l’Indépendance et prennent le contrôle de l’hôtel de ville.

Poutine s’inquiète d’un mouvement qui, selon lui, ressemble plus à « un pogrom qu’à une révolution » et « a peu à voir avec les relations entre l’Ukraine et l’Union européenne ». Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dénonce l’ingérence étrangère.

17 décembre : Malgré les manifestations, Ianoukovitch reste favorable à Moscou. Poutine annonce la levée des barrières douanières entre les deux pays, une baisse du prix du gaz et un prêt de 15 milliards de dollars.

2014 : Ianoukovitch part, et le Donbass et la Crimée sont au cœur de la crise

Février: Les affrontements entre manifestants et forces de sécurité deviennent meurtriers et l’Ukraine connaît son mois le plus sanglant de violences. Près de 90 personnes sont tuées à Kiev entre le 18 et le 21 février, selon les autorités.

Face à la crise en Ukraine, des responsables de plusieurs pays occidentaux arrivent dans le pays et négocient une élection présidentielle anticipée.

22 février : Le parlement ukrainien dépose Ianoukovitch, qui quitte Kiev. Un gouvernement intérimaire est mis en place. Poutine dénonce un coup d’État et déclare que « la Russie se réserve le droit d’utiliser toutes les options disponibles, y compris la force en dernier recours ».

Mars: Des militants pro et anti-russes s’affrontent à Simferopol, la capitale de la Crimée, une république autonome d’Ukraine dont la population parle majoritairement russe. Avec une base navale à Sébastopol et des aéroports militaires à Kacha et Simferopol, la péninsule est un territoire stratégique pour Moscou, qui y déploie des troupes.

16 mars : Les électeurs de Crimée sont majoritairement favorables à son unification avec la Russie lors d’un référendum que les États-Unis et l’UE ont qualifié d' »illégal ». Poutine signe un projet de loi pour annexer la péninsule et Moscou prend le contrôle des bases militaires ukrainiennes. Washington, Bruxelles et Ottawa interdisent aux politiciens russes et à leurs homologues de Crimée d’entrer sur leurs territoires en réponse.

7 avril : La guerre dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, commence. Les séparatistes pro-russes déclarent l’indépendance de la République populaire autoproclamée de Donetsk. Moscou soutient et arme les rebelles et de nombreux Russes les rejoignent, mais la Fédération de Russie n’est pas officiellement impliquée dans le conflit. Kiev lance une opération « antiterroriste » et déploie son armée. Il déploie également des milices souvent liées à l’extrême droite voire à l’ultra droite, comme Pravy Sektor.

11 mai : Deux référendums sur l’indépendance se tiennent à Donetsk et Louhansk, une autre région de l’est de l’Ukraine à la frontière russe, et le « oui » l’emporte massivement. L’Ukraine et les pays occidentaux ne reconnaissent pas les résultats, contrairement à la Russie.

25 mai : Les Ukrainiens élisent Petro Porochenko comme président avec 56% des voix au premier tour. L’Occident et Moscou reconnaissent le résultat. Porochenko annonce qu’il travaille sur un plan de paix et décrète un cessez-le-feu unilatéral le 20 juin, qui aura très peu d’effet dans les zones de combat.

6 juin : Puis le président français François Hollande, l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel, Poutine et Porochenko se rencontrent en Normandie française en marge du soixante-dixième anniversaire du débarquement allié. Il s’agit de la première rencontre entre Poutine et son homologue ukrainien depuis le début du conflit dans l’est de l’Ukraine, et elle initie occasionnellement des pourparlers quadripartites « format Normandie » entre Paris, Berlin, Moscou et Kiev.

Une rencontre au « format Normandie » regroupant la France, l'Allemagne, la Russie et l'Ukraine a lieu.
Une rencontre au « format Normandie » regroupant la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine a lieu. © Étienne Laurent, EPA, AFP

27 juin : L’UE signe un accord d’association avec l’Ukraine, qui comprend une zone de libre-échange approfondi et complet (DCFTA). Le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie prendrait des mesures pour protéger son économie si le nouveau partenariat avait un impact négatif.

5 septembre : Les deux camps signent un cessez-le-feu dans la capitale biélorusse, un accord connu sous le nom de « protocole de Minsk » ou « Minsk 1 ». C’est un demi-échec : les combats dans l’est de l’Ukraine diminuent d’intensité mais se poursuivent.

2 novembre : Les républiques séparatistes autoproclamées de Donetsk et Louhansk organisent des élections présidentielles. Alexander Zakhartchenko est élu à Donetsk, et Igor Plotniski à Louhansk. L’Ukraine dénonce une violation des accords de Minsk, tandis que la Russie considère les sondages comme respectant le protocole.

23 décembre : Le parlement ukrainien vote en faveur de l’adhésion à l’OTAN, au grand dam de Moscou. Lavrov parle d’une démarche « contre-productive » qui « crée l’illusion qu’elle résoudra la profonde crise interne en Ukraine » et ne fera qu' »exacerber le climat de confrontation ».

2015-2018 : Impasse dans le conflit

Février 2015 : Alors que les combats et les bombardements ont repris dans l’est de l’Ukraine depuis janvier, les dirigeants ukrainien, russe, allemand et français se réunissent à nouveau en Biélorussie pour imposer un nouveau cessez-le-feu.

Outre le cessez-le-feu, l’accord conclu le 12 février comprend des mesures telles que le retrait des armes lourdes des deux côtés, la restauration des frontières de l’Ukraine et le retrait des troupes étrangères. « Minsk 2 » a aussi un volet politique qui prévoit la reconnaissance d’une certaine autonomie pour Donetsk et Louhansk et l’organisation d’élections dans un cadre ukrainien.

Des périodes de trêve commencent après des flambées de combats dans les mois et les années qui suivent, avec de nouveaux cessez-le-feu régulièrement signés et rompus.

Une Octobre 2015 sommet entre les dirigeants européens, russes et ukrainiens à Paris est suivi d’un Octobre 2016 sommet de Berlin, sans aucune avancée concrète.

24 novembre 2017 : Plotniski, le chef de la République populaire autoproclamée de Louhansk, démissionne après s’être réfugié à Moscou. Leonid Pasetchnik le remplace.

31 août 2018 : L’homologue de Pasetchnik à Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, est assassiné. Denis Pushilin le remplace.

Les analystes interprètent les deux événements comme la preuve d’une prise de contrôle par Moscou.

25 novembre 2018 : Les forces russes montent à bord de trois petits navires de la marine ukrainienne qui tentent de passer sous le pont de Crimée, que la Russie a inauguré en grande pompe la même année, et arrêtent les 24 membres d’équipage des navires. Le lendemain, Porochenko décrète la loi martiale pour 30 jours dans les régions russophones d’Ukraine.

2019 : Espoirs de détente, et accord sur le gaz

20 mai : Volodymyr Zelensky triomphe de Porochenko pour devenir le nouveau président de l’Ukraine. Zelensky est un acteur et comédien qui a milité contre la corruption et pour une détente avec Moscou. Il a passé une grande partie de sa carrière en Russie et parle également le russe.

18 août : Le président français Emmanuel Macron rencontre Poutine dans sa résidence d’été au fort de Brégançon dans le sud de la France, à la suite de la première réunion des dirigeants au château de Versailles peu après l’élection de Macron en 2017. Le président français espère construire « une nouvelle architecture de confiance et de sécurité ». en Europe », y compris la Russie.

7 septembre : La Russie libère les 24 marins ukrainiens détenus et 10 autres citoyens ukrainiens, dont le cinéaste Oleg Sentsov, lors d’un échange de prisonniers. Moscou remettra également les trois navires ukrainiens à Kiev quelques mois plus tard.

1er octobre: Les représentants ukrainiens et russes réunis à Minsk sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe parviennent à un accord sur l’organisation d’élections dans les zones séparatistes du Donbass et sur l’octroi d’un statut spécial. Des manifestations éclatent à Kiev accusant Zelensky de capituler devant Moscou.

9 décembre : Poutine et Zelensky se rencontrent pour la première fois lors d’un sommet format Normandie à Paris. Les parties impliquées dans le conflit dans l’est de l’Ukraine conviennent de mettre en œuvre le cessez-le-feu conclu dans le cadre des accords de Minsk avant la fin de l’année et d’échanger des prisonniers.

Le 31 décembre: Moscou et Kiev finalisent un nouvel accord de cinq ans sur le transit du gaz russe par l’Ukraine. L’accord garantit l’approvisionnement en gaz de l’Europe, menacée par une précédente crise en 2009. La construction du gazoduc Nord Stream 2 sous la mer Baltique semble devoir faciliter l’exportation du gaz russe par d’autres voies.

2020-2022 : Du conflit à la guerre

12 juin 2020 : L’OTAN accorde à l’Ukraine des « opportunités accrues » permettant une coopération entre les forces de l’OTAN et l’armée de Kiev. L’OTAN affirme que cela « ne présuppose pas de décisions sur l’adhésion à l’OTAN ». Mais Zelensky fait pression pour que l’alliance propose un plan d’adhésion.

1er avril 2021 : Zelensky accuse la Russie de masser des troupes aux frontières de l’Ukraine. La Russie affirme que l’exercice est une réponse aux « provocations » ukrainiennes.

6 avril 2021 : Zelensky déclare ouvertement que l’adhésion à l’OTAN est le seul moyen de mettre fin à la guerre dans le Donbass. Il se déclare également favorable à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.

Décembre 2021 : Les pays occidentaux craignent une escalade après que la Russie a mené un autre exercice militaire à grande échelle près de la frontière ukrainienne en novembre. Poutine annonce des exigences de sécurité, notamment la garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN et le retrait des forces de l’OTAN de l’ex-Union soviétique.

Le président américain Joe Biden menace de sanctions en cas d’invasion russe de l’Ukraine, affirmant que Nord Stream 2 pourrait être utilisé comme « levier ». L’UE est également prête à sanctionner Moscou.

Janvier et février 2022 : Une période de diplomatie intense ne produit aucun résultat immédiat. L’OTAN refuse de bouger sur sa politique consistant à laisser les pays décider s’ils veulent adhérer, tandis que Moscou continue d’exiger une garantie que l’Ukraine ne le fera jamais.

20 février : Le palais de l’Élysée publie une déclaration selon laquelle Poutine et Biden ont accepté, en principe, un sommet sur l’Ukraine, mais le Kremlin juge plus tard l’annonce « prématurée ». Dans une allocution télévisée en soirée, Poutine annonce la reconnaissance de l’indépendance des républiques séparatistes autoproclamées de l’est de l’Ukraine et ordonne aux « casques bleus » russes d’y entrer.

24 février : Les forces russes envahissent le territoire ukrainien sur plusieurs fronts.

Cet article est une traduction de l’original en français.

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