Salles de sport fermées dans l’Ariège: « On a été accusés d’être des clusters géants »


l’essentiel
Les salles de sport sont fermées depuis le 29 octobre 2020, date du second confinement. Depuis elles attendent patiemment leur réouverture, cependant les jours défilent, et ces sportifs sont toujours dans le flou.

Olivier allume la lumière dans la salle de sport Sun Form, à Foix. Quand il rentre dans son lieu de travail, il repense toujours aux adhérents qui venaient se dépenser chaque jour avant la crise sanitaire. « Voilà, une salle de sport de 700 m2 sans sportif à l’intérieur. Il y a un silence de mort ici », soupire le gérant de cette salle. Depuis le 29 octobre, comme les bars, les restaurants et les cinémas, les salles de sport sont fermées. « On attend patiemment, mais on sait très bien qu’on fera partie des derniers à ouvrir leurs portes », poursuit-il.

Ce qui lui manque le plus ce n’est pas forcément le sport, mais la convivialité que peut dégager un endroit comme celui-ci: « Nous avons 20% de notre clientèle qui sont des retraités. Avant de faire du sport, ils discutent. Il y a toute une alchimie dans une salle de sport.  » Sun Form, comme les autres lieux de fitness, est confronté à une perte importante de son nombre d’adhérents. « La période creuse dans notre domaine c’est l’été, mais le reste de l’année, sans la crise sanitaire, nous avions environ 1 500 adhérents. Aujourd’hui, vu les conditions, nous avons moins de 1 000 personnes qui ont gardé leur abonnement. Nous avons perdu entre 30 et 40% de nos adhérents « , souligne Nicolas Pascale, responsable du site Sun Form en Ariège et à Toulouse.

Une accusation qui laisse des traces

Olivier regarde les vélos, tapis de course et autres machines sportives. Un sur deux est utilisable, l’autre étant enroulé de bandes rouges et blanches. « C’était pour limiter les contacts. Entre port du masque obligatoire dans le club, hors activité, et gel hydroalcoolique, les mesures avaient été prises. Mais apparemment ça ne suffisait pas. » Les salles de sport ne comprennent pas pourquoi elles ont été pointées du doigt à ce point. « On a été accusés d’être des clusters géants. Que je sache, comme partout ailleurs, nous avons respecté ce qui était demandé. Effectivement, il y a eu quelques cas de Covid. Mais rien ne nous dit que cela était lié à notre profession. . Avec tous les efforts humains et financiers que nous avons consentis, on ne comprend pas ces accusations », analyse Nicolas Pascale.

En outre, ces endroits, qui brassent un nombre consécutif de sportifs chaque jour, peuvent également « suivre » les adhérents: « Si je nous mets dans le grand panier des commerces, nous sommes les seuls qui peuvent tracer à ce niveau. , chaque adhérent dispose d’un badge, qui lui permet de pointer à l’entrée. Si on se met en configuration d’un cas positif, on va lui demander qui il a rencontré sur les trois derniers jours. S’il répond qu ‘il est allé à la salle, nous, on peut tenir au courant les autorités sanitaires, sur les personnes présentes ce jour-là. On est l’une des rares professions à pouvoir faire ça. « 

Le sport en visioconférence, la nouvelle mode

Si le sport ne peut plus se faire en présentiel, d’autres solutions ont émergé durant le premier confinement. À Saint-Jean-du-Falga, la salle de sport Perrine Laffont fitness a développé sur son site internet des cours en ligne. « On ne sait pas quand est-ce que l’on va rouvrir. Alors on s’adapte et on fait en sorte de trouver des solutions pour poursuivre notre activité », explique Kévin, coach et gérant de ce club.

En effet, cette salle de sport a mis en place des cours de sport à distance. En plus, elle fidélise ses adhérents à partir d’abonnements. « La plateforme est privée. Nos abonnés la consultent et puis c’est pour les cours en ligne. »

Cependant, les prélèvements pour les abonnés ont été arrêtés. « Après le premier confinement, nous avons anticipé les problèmes que nous pouvions rencontrer en s’orientant vers le web. Nous avons mis en place des journées de tournage avec un autre coach extérieur à notre structure », déclare Kevin.

En attendant de retrouver une activité normale et des jours meilleurs, les salles de sport misent sur d’autres solutions pour sortir de l’ornière.

Les indépendants présentent des pertes financières

Salles de sport fermées: "On a été accusés d'être des clusters géants"

Salles de sport fermées: « On a été accusés d’être des clusters géants »

Jean-Louis Balat a créé sa salle de sport indépendante, Blac fitness, il y a cinq ans, à Mirepoix. Depuis le premier confinement il avance dans le flou: « La reprise va être très très dure. À l’heure actuelle je ne travaille plus du tout. On ne sait pas si les gens vont revenir. Il n’y a rien à envisager, on est comme dans les restaurants. On ne sait pas comment ça va évoluer. « 

En travaillant comme indépendant, il ne vit pas la crise sanitaire comme les chaînes. « Quand on monte une structure comme la mienne, on investit de l’argent de notre poche, mais on n’a pas d’impact commercial que certaines salles peuvent avoir », déplore-t-il. En effet, Jean-Louis a dû trouver un autre travail en attendant de reprendre son activité principale. « On survit.J’ai la chance d’avoir un brevet d’État, ce qui me permet de travailler dans un institut médico-éducatif (IME). Sans ça, on est mort. Certains n’ont aucun débouché, donc c ‘est dur, très dur. Dans certaines villes, il y a beaucoup de structures qui vont plonger. « 

Lors de l’annonce le 28 octobre 2020 de la fermeture des salles de sport, Jean-Louis espérait rouvrir rapidement. « Nous, on est prêts à mettre en œuvre tout ce que l’on peut nous demander. J’ai une structure de 800 m2, si on limite le nombre de personnes dans les salles et qu’on met en place les mesures sanitaires demandées , on le fait sans problème. « 

Ces mesures sanitaires sont, selon lui, contradictoires. « Ce qui combat aussi des virus comme celui-ci, c’est le sport. On résiste plus facilement quand notre corps est en bonne santé », défend-il. Dans l’incertitude, Jean-Louis Balat ne sait pas quand il va pouvoir ouvrir les portes de son établissement.

Salles de sport fermées: "On a été accusés d'être des clusters géants"

Salles de sport fermées: « On a été accusés d’être des clusters géants »

L’avantage des salles de sport, c’est que l’on peut faire d’autres sports que ceux qu’on pratique dans nos domiciles. Depuis leur fermeture, je me suis organisé avec quelques amies pour faire du sport dans mon garage. En plus, on suit des visios organisé par un prof de cross fit à Pamiers, on fait ça sur Instagram. On le fait au minimum deux fois par semaine. Ça nous manque car il y a des appareils que l’on ne peut pas utiliser chez nous. Et puis la convivialité ça nous manque aussi car il y a un truc dans les salles de sport que l’on ne trouve pas vraiment ailleurs. On doit se plier aux règles sanitaires, c’est compliqué mais on doit tenir. Je ne vais pas dans les salles de sport depuis longtemps, car avant j’allais à la piscine.

Salles de sport fermées: "On a été accusés d'être des clusters géants"

Salles de sport fermées: « On a été accusés d’être des clusters géants »

Je fais du rugby depuis longtemps. On nous a déjà enlevé cela au niveau amateur. La seule a choisi qu’il nous restait, c’était les salles de sport. En ce moment, il y a quand même un gros manque. En réalité, je ne comprends pas pourquoi elles sont fermées, car toutes les mesures sanitaires ont été mises en place dans ces établissements. Ils doivent se laver les mains, le masque est obligatoire. Ce n’est pas logique. En général, j’y allais avec des amis, on était trois ou quatre. Maintenant c’est métro, boulot, dodo. On fait ce que l’on peut, on espère que ça finira par revenir rapidement. Mais vu comment c’est parti on ne sait pas vraiment comment ça va se passer. On verra bien avec le temps…

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