Coronavirus: le ras-le-bol des marins | International | DW

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Plus de 80 investisseurs représentant une fortune de plus de 2000 milliards de dollars ont écrit une lettre ouverte aux Nations unies afin de rendre compte de la situation des marins bloqués en mer ou dans des pays étrangers.

A cause de la pandémie de coronavirus, la liberté de déplacement se trouve limitée dans la plupart des pays du monde. Les marins et le personnel naviguant sont souvent interdits de débarquer.

D’autres sont bloqués dans des zones portuaires dont ils ne peuvent sortir pour rejoindre l’aéroport et rentrer chez eux. A l’inverse, les équipages qui étaient censés prendre le relais et remplacer leurs collègues sont dans l’impossibilité de rejoindre leur navire.

La conséquence est notamment financière: beaucoup de marins bloqués se retrouvent sans salaires. Près de 400 000 membres d’équipage seraient concernés par ce problème. Certains n’ont pas quitté leur navire depuis 17 mois.

De l’autre côté, le même nombre de personnes ne peut pas prendre le relais et se retrouve de facto au chômage.

Selon la Chambre internationale du transport maritime (ICS), un million de marins pourraient bientôt être touchés par cette situation.

Des conditions insupportables

Les signataires de la lettre aux Nations unies dénoncent « un niveau de risque élevé pour la santé et la sécurité » à bord des navires et sur les quais où ils mouillent à cause de l’épuisement et du ras-le-bol des équipages.

Les investisseurs mettent en garde contre de possibles ruptures des chaînes d’approvisionnement mondiales et d’impact que ces interruptions pourraient avoir sur la sécurité alimentaire de certaines régions dans le monde.

Les signataires ont demandé ainsi à l’Onu de considérer les marins comme « essentiels pour le système » et de leur permettre de rentrer chez eux ou d’effectuer les changements d’équipage.

Les difficultés du transport maritime pourraient créer des ruptures d'approvisionnement

Les difficultés du transport maritime pourraient créer des ruptures d’approvisionnement

Ces conditions à bord ont été confirmées par Maya Schwiegershausen-Güth du Syndicat international des entreprises de transport (ITF).

Lors d’une interview à la DW l’été dernier, elle a décrit les souffrances psychologiques et physiques endurées par les équipages. Depuis, l’ITF appelle les gouvernements du monde entier à prendre des mesures.

Depuis le début de la pandémie, le problème est régulièrement porté devant les pouvoirs publics, mais peu de choses ont évolué. La fédération des armateurs allemands avait ainsi lancé un appel à l’aide au mois de décembre, notamment pour permettre aux marins de bénéficier d’un accès prioritaire pour se faire vacciner.

20 mois de travail ininterrompu

En attendant, seuls quelques rares exemples ont montré que la pression pouvait donner des résultats. Notamment après un appel lancé par l’ITF aux gouvernements en Australie, en Chine et en Inde pour qu’ils améliorent les conditions à bord des navires de transport de charbon.

L’ITF avait alors constaté que plusieurs équipages avaient été enchaînés 20 mois de travail sans interruption, alors que la loi limite la durée d’intervention à onze mois.

Finalement, l’Australie a répondu à cet appel et annoncé la fin des dérogations exceptionnelles qu’elle accordait pour contourner la règle des onze mois.

Au-delà des voies officielles, des initiatives de certaines organisations ont porté leur fruit. L’ITF, une fédération de patronat et deux chaînes d’hôtellerie ont par exemple monté un programme d’aide à Manille aux Philippines. Celui-ci a rencontré quelque 300 chambres d’hôtel à disposition des équipages afin qu’ils effectuent leur période de quarantaine.

Ces hôtels sont surveillés 24h / 24. Après les deux semaines de quarantaine et un test à la Covid-19 négatif, les marins sont transportés par groupe vers l’aéroport. A l’inverse, des équipages de remplacement sont récupérés à l’aéroport et passent leur quarantaine avant de monter à bord.



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